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domingo, 6 de noviembre de 2016

Les parents et l'immigration clandestine

Elles sont très nombreuses, les familles qui ignorent les risques et les dangers de l'immigration clandestine. Certains parents vont jusqu'à obliger leurs enfants à quitter le continent.
Italien Grenzschutz im Mittelmeer (Guardia di Finanza)
Dans notre série consacrée à l'immigration clandestine, nous nous intéressons aujourd'hui au rôle joué par les parents et les chefs de familles, qui poussent parfois leurs enfants à émigrer vers l'Europe. Elles sont très nombreuses, en effet, les familles qui ignorent les risques et les dangers de l'immigration clandestine. Soit par manque d'informations, soit par manque d'éducation. Certains parents vont jusqu'à obliger leurs enfants à quitter le continent pour, disent-ils, chercher le bonheur en Europe. Le phénomène n'est pas nouveau, mais il ne cessse de prendre de l'ampleur en Afrique sub-saharienne. Moustapha Diouf s'occupe des rapatriés d'Europe au Sénégal. Il a lui même tenté par deux fois l'aventure, sans succès. Pour lui, ce sont les parents qui obligent les jeunes à partir pour aider la famille laissée derrière: "Il faut que les capitales occidentales développent une politique de crédits pour financer des activités génératrices de revenus pour les femmes. Ce sont très souvent les parents qui poussent leurs enfants à s'engager dans cette aventure périlleuse".
Senegal Migranten (Reuters/M. McAllister)
Les parents sont responsables de la fuite des jeunes
Un avis que relativise Sébastien Prothmann. Il a longuement travaillé sur les aspirations migratoires des jeunes à Pikine, une localité considérée comme l'une des banlieues les plus chaudes de Dakar: " C'est surtout le rôle de la mère qui est très important. Parce que c'est souvent la mère qui dit à son fils: regarde, le fils de notre voisin est en Italie et il est entrain de construire une maison. La mère veut bien sûr que son fils contruise lui aussi une maison. Les jeunes disent qu'ils veulent aller en Europe pour  trouver l'argent qui va permettre à leurs mamans d'aller à la Mecque. En fait, la relation entre les jeunes et leurs parents, c'est très important, c'est comme une dette inter-générationnelle. Les jeunes doivent se sacrifier pour la famille ". Mais il y a aussi le rôle que jouent les pères de famille, qui émigrent vers l'Europe.
Les jeunes veulent rejoindre leurs parents
Dans la plupart de ces cas, explique Sébastien Prothmann, les jeunes essaient de rejoindre leurs parents en Italie ou sur les îles Canaries en Espagne. Les îles Canaries, un endroit qui n'évoque que de mauvais souvenirs pour Moustapha Diouf. Il a bravé la Méditerranée, en empruntant une embarcation de fortune pour s'y rendre, avant de se voir renvoyé chez lui au Sénégal: " Tout le monde sait que le chemin de l'immigration clandestine est très dangeureux.
Senegal Migranten (Reuters/M. McAllister)
Les mères jouent un rôle crucial...
C'est pourquoi nous avons mis en place notre association pour sensibliser les jeunes à rester ici. Malheureusement, depuis 2006, nous n'avons reçu aucun franc de la part des autorités. Imaginez-vous: on nous parle des milliards pour lutter contre l'immigration, mais les parents n'ont rien reçu" ajoute Moustapha Diouf.
Dans ces conditions, comment convaincre les familles pauvres à retenir leurs enfants dans le pays ? C'est un vrai dilemme, estime Sébastien Prothmann:"d' une part, les jeunes n'ont pas de moyens pour quitter leur statut de jeunes parce qu'ils sont sans emploi. Ce qui fait qu'ils restent longtemps dans le cercle familial avec toutes les pressions sociales que cela comporte. D'autre part, les jeunes aspirent à une maturité sociale, c'est à dire avoir une femme, se marier et quitter la maison familiale. Donc, être responsable au vrai sens du mot".  
L'aide internationale et les perspectives
Le Sénégal fait partie des pays d'Afrique avec lesquels, cette année, la Commission européenne a proposé de conclure des pactes migratoires. Il s'agit d'obtenir, via des incitations financières, que Dakar lutte davantage contre les passeurs et accepte plus de "réadmissions". Des locaux ont été mis à la disposition de l’Organisation internationale pour les migrations dans le pays, pour installer des centres de formation et d’aide à l’entreprenariat dans les quartiers périphériques de Dakar, afin de promouvoir l’emploi et combattre la pauvreté des jeunes. 
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